Le front oublié

Bien après le passage et la dissolution de la First Airborne Task Force, plusieurs unités américains sont de passage pendant quelques semaines voir plusieurs mois sur la frontière franco-italienne.

Durant la traversée de la Méditerranée de la Corse à Marseille, le HHB (HQ & HQ Brigade) de la 44th Antiaircraft Artillery Brigade, commandé par le Brig. Gen. Ralph C. Tobin arrive à Marseille le 6 novembre après avoir essuyer une tempête en mer. Le 25 Novembre l’unité remplace l'état-major de la 1st Airborne Task Force dans le contrôle des opérations, du nord de la Méditerranée jusqu’à Saint-Étienne-de-Tinée. Avec son poste de commandement installé à l'Hotel Ruhl à Nice, plusieurs petites unités lui sont rattachées. Leur faisant face se trouve toujours le 107. Grenadier Regiment de la 34. Infanterie-Division et le Regiment Fasciste Littorio.

La première unité de la First Airborne Task Force à être remplacé est le 517th Parachute Infantry par le 19th Armored Infantry Battalion (AIB) de la 14th Armored Division qui arrive entre le 15 et le 17 novembre. Le 17, le 68th AIB de la même division remplace le 509th Parachute Infantry Battalion et le 550th Infantry Airborne Battalion. Le jour suivant le 442nd Regimental Combat Team vient relever le 551st Parachute Infantry Battalion. Le 19th AIB reste peu de temps sur la ligne de front et est rapidement remplacé par le 3/442d Regimental Combat Team qui est redéployé dans les Alpes-Maritimes après les combats dans les Vosges.

Le 899th Battalion de la Pennsylvania Nationl Guard part tôt de Corse et en moins de 72h après avoir être arrivée sur Marseille, l'unité est rééquipé comme une unité d’infanterie et se retrouve en position de combat dans les Alpes sur le flanc gauche. Leur adaptation à leur nouvelle formation est incroyablement rapide. A tel point qu'on pourrait croire qu'ils sont des vétérans et de l'infanterie de montagne alors qu'ils n'étaient à la base que des servants de canons antiaériens. Le 1e décembre, le 899th AAA AW Battalion et le 2/442nd RCT reprennent les secteurs du 68th AIB, qui ce dernier doit rejoindre sa division dans l'est de la france.

La disposition finale des éléments d'infanterie sont éparpillé sur des séries de points fortifiés couvrant les cols. Le 442nd RCT, tient le front sud qui est le plus actif et est supporté de la 552nd Antitank Company. Ensuite arrive le 65th Infantry Regiment et le 899th AAA AW Battalion (convertit en infanterie). Avec des américains, des américano-japonais et des Porto Ricains, la brigade a de grands airs d'une brigade internationale et avec le 65th, a plusieurs difficultés de langages.

Le 29 novembre, le 1269th Engineer Combat Battalion se dirige vers Nice. La A Company est installer à Peïra-Cava, tandis que la B est à Menton et Sospel, la C Company se trouve à Nice et l'Escarène et le Battalion HQ se trouve à Beaulieu-sur-Mer. Du 30 novembre 1944 au 23 mars 1945, il est, comme pour toutes les autres unités, rattaché à la 44th AAA Brigade, en support du 442nd RCT et plus tard en support du 65th Infantry Regiment où la A Company du 3rd Platoon construit un pont sous le feu ennemi, nommé en l'honneur du Pfc. George I. Bernay, le premier homme du bataillon à avoir été tué. Les compagnies se trouvant sur la ligne de front ont la mission d'installer des champs de mines, de faire de la démolition, de batir des ponts de réparé des routes et de faire des patrouilles de combats, notamment en direction des forts de Mille Fouches et de la Forca.

2nd Platoon, A Company du 1269th Engineer Combat Battalion quelque part dans les Alpes Maritimes.

Les 601st & 602nd Field Artillery Battalion devait rester en position à Peïra-Cava sur les hauteurs afin de couvrir la frontière italienne, de même que le 937th Field Artillery Battalion se trouvant à Castillon.

Des artilleurs du 601st Field Artillery Battalion installés sur la Cime de Claudine (?) à proximité de Lantosque, ravitaillant leur position à l'aide d'un système de treuil.

Les Porto Ricains à Peïra-Cava

Le 12 décembre, un dernier changement est effectué lorsque le secteur de Peïra-Cava est confié au 3rd Battalion du 65th Infantry Regiment (remplaçant le 2/442nd) composé de soldats portoricains dont leur arrivée dans les montagnes est leur toute première expérience au combat. Durant ce mois, les Porto Ricains participent à de nombreux petits engagements à Turini.

Dans la nuit du 15 décembre 1944, durant un raid allemand sur la L Company, le Pvt. Sergio Sanchez-Sanchez et le Sgt. Angel G. Martinez, deviennent les premiers hommes du régiment à tomber au combat. En tout, sept hommes du régiment sont tués au combat en décembre, incluant deux officiers et un sous-officier. Dix autres hommes sont blessés, incluant deux officiers et deux sous-officiers. Le 4 janvier 1945, le commandant du régiment, le Col. George A. Ford est tué en menant une reconnaissance. Le 3rd Battalion est relevé des Alpes Maritimes le 26 février 1945, et le régiment est concentré en Lorraine pour d'autres actions dans le sud-ouest de l'Allemagne.

Les unités affectés à la 44th AAA Brigade dans les Alpes-Maritimes à compté de son arrivée. Certaines resteront quelques jours et d'autres plusieurs mois.

Le repos du 442nd Regimental Combat Team

Suite à leurs énormes pertes lors des combats des Vosges, le 442nd a besoin de remplaçant, mais plus encore, les hommes ont besoins de repos. 265 hommes ont réussis à se remettre de leurs blessures et retournent au 442nd. Le régiment passe les 4 prochains mois dans les Alpes Maritimes. Après les Vosges, leur zone semble sans crainte. Leur mission est de garder une portion de 12 miles de long sur la frontière et empêcher que les allemands ne fassent une percé sur la côte française.

Nisei du 442nd RCT à la gare de l'Escarène

Les hommes doivent crapahuter sur des pentes enneigées aux avant-postes éloignés, mais restent dans leurs abris secs, beaucoup plus confortable que ceux des Vosges. Ils reçoivent leur ravitaillement à dos de mulet, car les véhicules ne peuvent pas faire la route sur les sentiers montagneux. Les soldats en patrouille sont parfois victime des tirs de snipers. Les allemands font des pilonnages tous les jours et les canons du 552nd FAB font des tirs de contre-batteries. Pourtant, les Alpes-Maritimes est un front relativement calme.

En décembre, lorsque les allemands percent le front des Ardennes, la frontière franco-italienne est tendue. Il est de mise de se méfier des espions, aux saboteurs et aux parachutistes allemands portant des uniformes américains. Bien qu'il n'y ai de parachutistes, ils capturent une compagnie de 75 allemands et un groupe de fasciste italien déguisé en femme. Les Nisei n'auront plus d'autres choses à retenir de leur péripétie dans les Alpes Maritimes. Les engagements contre l'ennemi y ont été très peu nombreux. L'une des exceptions de cette routine est un ‘engagement naval’ dans la baie de Menton, lorsque des Nisei captures un sous-marin de poche venu de San Remo en Italie pour espionné les positions côtières.

Le front oublié des Alpes-Maritimes ne devait plus jamais bouger jusqu’à l’intervention de l’armée Française dans l’Authion mais les troupes américaines ne reçurent jamais l’ordre de franchir la frontière et restèrent terrés dans leurs positions jusqu’à la relève de mars-avril 1945.

Brig. Gen. Ralph C. Tobin, commandant de la 44th Anti-Aircraft Artillery à son QG à Nice, le 5 mars 1945.