Par la mer

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Les forces navales sont placées sous le commandement du Vice Admiral H. Kent Hewitt à la tête de la Western Naval Task Force. La force principale de cette armada se rassemble dans la baie et le port de Naples. Le premier convoi appareille de Naples le 9 août à 10 heures. Les six convois partis de Naples passent le détroit de Bonifacio, puis longent la côte occidentale avant de continuer leur route à l’est pour donner aux allemands l’illusion d’un débarquement sur la côte ligure. La FSSF quitte la Corse le 14 Août 1944 à 22 heures 45 et se dirige son objectif, l’île du Levant et l’île de Port-Cros.

Des T-Patchers de la 36th Infantry Division étant briefé sur une maquette de Saint-Raphaël, le 14 août 1944, un jour avant le débarquement sur les plages Provençale. A en juger sur le positionnement des doigts, le secteur étudié est Saint-Aygulf.

Des T-Patchers de la 36th Infantry Division étant briefé sur une maquette de Saint-Raphaël, le 14 août 1944, un jour avant le débarquement sur les plages Provençale. A en juger sur le positionnement des doigts, le secteur étudié est Saint-Aygulf.

Alors que la flotte d’invasion se met en place, un destroyer de la Task Force 86 au sud de l’île du Levant détecte au radar deux bâtiments allemandes faisant route vers la zone d’assaut. Pendant près d’une heure, marins allemands et américains s’épient dans le noir. A 4h30, la corvette ennemie ouvre le feu, mais le USS Somers la met rapidement en flammes, eclaiarnt dangereusement les barges de débarquement qui se rassemblent au large de Cavalaire. Le second navire, un patrouilleur, s’esquive dès la première bordée : stoppé au canon, son commandant préfère l’évacuer. Ce sera la seule intervention de la Kriegsmarine.

Dès 3 heures du matin, des bâtiments se placent à 10 puis 5 nautiques des plages. A 4h40, les dragueurs de mines dégagent les zones d’attente et les chenaux d’accès. A 5 heures, les appuis se mettent en place et, deux heures plus tard, un déluge de feu s’abat sur les positions ennemies sur les plages. Puis les LCT (R) et LCT (Gun) se rapprochent du rivage et prennent le relais, lâchant des salves de roquettes ou tirant au canon, écrasant les blockhaus, détruisant les réseaux de barbelés ou faisant exploser les mines sur les plages. Les pilonnages durent 50 minutes puis laissent la place aux bombardiers lourds arrivant au-dessus des objectifs.

Les îles d’Hyères

Bien avant le débarquement sur les plages provençale continental, à l’aube du 15 Août, à 1 heure 35, la First Special Service Force débarque sur les îles d’Hyères. Le 1st Regiment débarque à Port-Cros, tandis que le Colonel Walker et l’état-major de la Force débarquent au Levant accompagnés des 2nd et 3rd Regiments. Les plages ne sont pas large et l’ennemi peu nombreux. Cependant, il est retranché dans les forts datant encore de l’époque Napoléonienne. Si le Levant est capturé en quelques heures, les 650 hommes du 1st Regiment débarqués à Port-Cros éprouvent plus de difficultés pour venir à bout de l’adversaire car les allemands se sont retranchés dans les forts l’Estissac et de l’éminence.

Alpha Beach

Sur les plages de Cavalaire, Sylvabelle et Pampelonne débarque la 3rd Infantry Division du Maj. General John W. O’Daniel. Cette division d’infanterie est la plus expérimenté étant donné qu’elle a combattu pour la première fois en Afrique du Nord durant l’opération Torch le 8 novembre 1942 et l’opération Dragoon est sa cinquième opération amphibie, après le Maroc, la Sicile, Salerno et Anzio-Nettuno. La division a également participé à la prise de Rome entre les mois de mai et juin 1944. Les bâtiments de la Alpha Force sont aux ordres du contre-amiral Frank J. Lowry, qui a déjà dirigé l’assaut sur Anzio.

A H+1, sept vagues d’assaut sont à terre et, à Cavalaire, un fumigène signale à l’amiral Lowry que les défenses côtières sont neutralisés et que le groupement réservé peut être mis à terre. Le débarquement des échelons suivants est néanmoins gêné par de nombreuses mines et l’indiscipline des chef de barge. Mais en fin de journée la situation s’améliore : le PC fonctionne à terre, Grimaud, Cogolin et le Lavandou sont occupés et le contact est prit à Beauvallon avec les voisins de droite.

Delta Beach

Les 157th et 180th Infantry Regiments de la 45th Infantry Division du Maj. General Williams W. Eagles prennent pied entre la Nartelle et le Val d’Esquières. Les défenseurs, effrayés par le bombardement, ont préféré déguerpir. Mais à Sainte-Maxime, il faut se battre de maison en maison pendant deux heures avant que le village ne tombe aux mains de la division, vétéran eux aussi de la campagne de Sicile et d’Italie. A midi, le PC est à terre, suivi par le dernier régiment qui se rassemble en arrière des plages. Puis des sapeurs débarqués à Pampelonne dégagent les dunes au fond du golfe de Saint-Tropez et aménagent un mouillage pour une trentaine de chalands.

Le 4th Naval Beach Battalion à la Nartelle. (source)

Le 4th Naval Beach Battalion à la Nartelle. (source)

Camel Beach

Les 141st et 143rd Regiment de la 36th Infantry Division du Maj. General John E. Dahlquist débarquent entre Anthéor et Saint-Raphaël où les combats sont plus violent que sur les deux autres secteurs de débarquement. Plusieurs barges sont coulés par des pièces légères dissimulés dans des abris creusés à flanc de la falaise artificielle des carrières du Dramont, mais leurs boucliers ont été pulvérisés par les navires d’appui. Sur Red Beach, les garnisons se sont reprises et menacent de décimer les vagues d’assaut. Dès que les navires approchent pour pilonné la côte, l’artillerie allemande se déclenche. Face à ça, il lest décidé de lancer des barges télécommandes afin de déclencher les mines et de se frayer un chenal. Mais malgré tout ces efforts, le 142nd IR débarque dans l’après-midi à Green Beach, laissant le Golfe de Fréjus aux mains des allemands. Mais le Jour J, Agay est capturé de même qu’Anthéor et un PC provisoire est installé sur Green Beach.