Par les airs

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Les Pathfinders – Mission Albatross
Mission Albatross (Jour J – 4h21)
Mission Bluebird (Jour J – 8h00)

Course contre la montre

Les Troop Carriers : Voir

Début Juillet 1944, les moyens aériens disponibles en Italie sont ceux du 51st Troop Carrier Wing (TCW) avec seulement deux de ces trois groupes opérationnels pour des opérations aéroportées, le 62nd et le 64th Troop Carrier Group (TCG). Pour pouvoir remplir la mission Dragoon telle que définie dans les plans, deux TCW supplémentaires sont nécessaires avec un apport minimum de 450 avions.

Le 10 Juillet, les 50th et 53rd TCW basées en Angleterre, sont temporairement mis à la disposition de la Provisional Troop Carrier Air Division (PTCAD) chargée du transport des troupes aéroportées de la First Airborne Task Force. Les 50th et 53rd TCW, déjà utilisés en Normandie, disposent chacun de quatre TCG composés de trois Troop Carrier Squadron (TCS) pour un total de 396 C-47. En complément de ces deux TCW, la Provisional Troop Carrier Air Division se voit affecter 12 avions supplémentaires pour les pathfinders ainsi que cinq autres pour son état-major ou pour des remplacements. Les deux escadres arrivent en Italie le 16 juillet.

Elles sont opérationnelles sur les différents aérodromes de la PTCAD à partir du 20 juillet.

Ce n’est que le 11 août que la PTCAD annonce qu’elle est en mesure d’assurer les missions assignées à la 1st ABTF pour l’opération Dragoon.

La route choisie part d’Italie, longe les côtes jusqu’à l’île d’Elbe avant de continuer vers le cap Corse et la Provence. Le soir du 14 août, l’ensemble des troupes est paré pour l’assaut aéroporté. Les météorologues annoncent une nuit claire avec risque de brumes au-dessus des zones de largages.

Répartition et organisation des zones d’assaut

Pour les unités aéroportés trois objectifs majeurs sont définis :
Débarquer dans la région du Muy le 15 Août à 4h15 pour préparer et couvrir la venue des planeurs, interdire tout mouvement ennemi à partir du Muy et du Luc vers les plages, appuyer le débarquement de la 36th Infantry Division en prenant à revers les défenses ennemies de Fréjus.

Afin d’assurer ces diverses missions, les américains définissent trois zones de largage réparties entre les deux Combat Team américain et la brigade britannique. Deux de ces DZ devront également servir à l’atterrissage des planeurs durant la mission Dove en fin d’après-midi du 15 août.

Ces zones sont réparties de la manière suivante :

– Les paras du 517th Parachute Regimental Combat Team sont désigné pour être parachuté entre La Motte et Le Muy sur la DZ « A » et doit occuper les hauteurs au nord-est des Arcs et au sud-ouest du Muy et de Trans en Provence, de s’emparer de La Motte et des Arcs et d’interdire l’accés aux routes principales vers Vidauban et Draguignan et nettoyer la DZ pour les planeurs arrivant plus tard.
-La 596th Parachute Combat Engineer Company qui fait partie du Combat Team doit s’emparer puis faire sauter plusieurs ponts.
– Le 509th Combat Team au sud du Muy sur la DZ « C » a comme tâche de prendre et de tenir les hauteurs au sud du Muy, de couper les lignes ennemis et d’appuyer l’attaque du Muy de la 2nd Independent Parachute Brigade le Jour J.
– La 2nd Independent Parachute Brigade doit être parachuté sur les vignobles à l’ouest du Mitan sur la DZ « O » où doit être installé le poste de commandement de la Task Force et doit occuper les régions à l’est de La Motte et prendre Le Muy.
– Le 551st PIB doit relever les parachutistes du 517th PIR lors de la mission Canary.

Les planeurs disposent des LZ « A » et « O » pour se poser.

Mission Canary (Jour J – 18h01)
Mission Dove (Jour J – 18h10)
Mission Eagle (J+1 – 10h04)

Décollage des avions

Entre minuit et deux heures du matin le 15 août, environs 6871 parachutistes Américains, Britanniques et quelques français prennent place à bord de 270 avions C-47 sur 10 aérodromes différents aux alentours de Rome. Ils sont précédés par 121 Pathfinders décollant de l’aérodrome de Marcigliana chargés de baliser les zones de saut et de diriger les avions à l’aide des balises « Eureka » (qui envoient des impulsions captées par les émetteurs-recepteurs « Rebecca » installés sous le fuselage des Dakota). Le balisage de la DZ « O » est le seul à être réalisé dans sa totalité : pour les autres Pathfinders, le mauvais largage ou le manque de moyens récupérés ou encore la présence d’ennemis sur les DZ empêche la réalisation de la mission.

Pendant la durée du vol sur la Provence, les Douglas C-47 sont quelques peu accueillit par les tirs de la DCA allemande en approche des côtes. Durant tout le vol, il ne doit y avoir en aucun cas transmission radio mis-à-part pour d’extrème urgences.  Par chance, un brouillard très dense recouvre la région durant la nuit, faisant que les artilleurs de la DCA tirent au hasard dans le ciel. La mission Albatross débute à 4 heures 21 avec le largage du 509th PIB sur la DZ C.

L’avion de tête de chaque serial doit faire clignoter une lumière et la faire passé à travers l’astrodôme en plastique au dessus du cockpit. Certains leader des serials omettent de donner les signaux, ou ces derniers ne peuvent pas être vu dans le brouillard ; dans d’autres cas, les lumières rouges ne sont pas allumés ou celle-ci clignotent en vert au lieu de rouge. Cela cause apparemment le saut prématuré d’un stick du 509th et un du 463rd PFAB et vingt du 460th PFAB. Il y a de nombreux incidents similaires. Ainsi, de nombreux parachutistes se retrouvent largués à plusieurs dizaines de kilomètres de leurs objectifs.
Désordre général

Peu importe ou ils sont tombés, les parachutistes s’organisent en petit groupe et commencent à semer le désarroi à l’arrière des positions allemandes, avec comme résultat que l’ennemi croit que les troupes larguées sont beaucoup plus importantes.

Les parachutistes ont un avantage psychologique sur l’ennemi : Ils savent où ils sont. Ils savent et vont faire ce qui doit être fait, alors que les allemands n’ont pas la moindre idée de ce que ces « desperados » camouflé font autour d’eux. Les allemands ne sont pas désireux de se frotter avec les parachutistes alliés, mais ils mettent néanmoins en place un combat acharné.

Les faisceaux des containers sont particulièrement difficiles à trouver. Les lumières des faisceaux sont sensé s’activer lors du choc de l’ouverture du parachute, fréquemment arrachés ou ne fonctionnant pas ou alors lorsqu’ils s’allument, ceci attire l’attention des allemands tirant ainsi dessus.

La cause de tout ces SNAFU est la grosse nappe de brouillard inattendu. Mais il y a d’autres facteurs, y compris les erreurs de navigations, les vitesses et altitudes excessives, le manque de pratique lors des formations de vol, et les défaillances du système des lumières vertes et rouges pour le signal du saut.

Plus de 60 % des parachutistes ne sont pas parachutés sur les DZ initialement prévues. Les erreurs de navigation des pilotes sont telles que les 700 parachutistes du 3/517 et qu’une grande partie de la brigade britannique sont parachutés entre Seillans et Montauroux à 45 kilomètres de leur DZ et certains de ces parachutistes sont parfois largués près de Cannes ! La moitié du 509th CT est parachuté à Saint-Tropez. Les hommes des trois unités sont parfois mélangés sur le terrain et le commandement de ces équipes devient une affaire de grade et de charisme.

Plusieurs planeurs doivent atterrir durant la mission Bluebird mais à cause d’un important brouillard sur la LZ O à 8 heures, les appareils font demi-tour et se posent à Tarquinia.

En fin d’après midi du 15 août, ils sont rejoints par plus de 2300 Glider Riders, tel que les unités de mortiers lourds ou des unités antichars, atterrissent. Tous les hommes de ces unités sauf ceux du 550th IAB étaient déjà vétérans de la sanglante campagne d’Italie. 736 hommes du 551st PIB atterrissent également sur la Drop Zone A du domaine de Valbourges à 18h01.
Bilan

Malgré le succès de l’opération Dragoon dans son ensemble, le bilan de l’opération aéroportée est pourtant négatif, En effet, 60% des paras US atterrissent trop loin de leur secteur, le chiffre est de 40% pour les britanniques. 92 parachutistes et Glider Riders américains et britanniques sont mort entre le 15 et 19 août. En conclusion, la précision de l’atterrissage des paras et des planeurs est déplorable et le fiasco n’a été évité qu’en raison du manque de réaction de l’ennemi. Ce demi-échec est habilement dissimulé par les rapports optimistes de l’Airforce, qui n’a pourtant pas brillé par la précision de sa navigation.

Malgré des avatars imprévus, les troupes engagées, à force de tenacité, d’abnégation et de courage, menèrent dans des conditions difficiles les missions demandées.
Elles permirent le bon déroulement du débarquement et de l’acheminement des troupes terrestres sur les plages de la côte varoise.

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Les villes et villages libérés :

– La Motte
– Le Mitan
– Lorgues
– Trans-en-Provence
– Saint-Tropez
– Le Muy
– Les Arcs & Boyle’s Little Alamo
– Draguignan
– Callas
– La région de Fayence (1/2)