La région de Fayence

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Le cœur de la région de Seillans à Montauroux est constitué d’une longue plaine à travers laquelle coule la rivière de la Camiole. Les villages de Seillans, Fayence, Tourrettes Callian et Montauroux sont tous construits sur les collines sur les côtés nord de la plaine, constituant d’excellant points d’observation d’où peut être surveillée la D562, la route de Grasse-Draguignan, passant dans la plaine.

Environ 480 parachutistes du 3/517th PIR du Lt. Col. Melvin Zais sont largués par erreur à 40 kilomètres de leur DZ en trois groupes principaux et dispersés sur plus de 13 kilomètres dans la région de Fayence. Ils sont éparpillés sur les terrains rocailleux et des forêts de pins, dans une zone s’étendant de Seillans (village le plus à l’ouest du SNAFU) à Montauroux. De nombreux paras se blessent alors qu’ils atterrissent sur les pentes rocheuses et terrasses montagneuse.

Trois groupes du 5th Scottish Battalion sont largués sur Fayence. Le premier est constitué du commandant, de la moitié du Battalion HQ et la majorité de la ‘C’ Coy. Le second groupe est constitué de la ‘D’ Coy et un grand nombre de parachutistes américains sous le commandement du Major J. A. Blackwood et le troisième groupe est composé du Lt. J. S. Holden et 20 hommes.

À Seillans, le Lt. Col. Zais rassemble ses troupes et se dirige vers le sud en direction de la Drop Zone A. L’officier commandant la HQ Company du 3rd Battalion, le Captain Joseph McGeever assure le commandement de 60 hommes rassemblés dans le cimetière de Tourettes et dans les oliviers situés sous le village. Un petit poste de premier soin est installé dans la ferme Toulet. Ce groupe est rejoint par un groupe de 80 hommes du 4th et 5th Para Battalion de la 2nd British Brigade.

Lorsque la G Company est rassemblé, le 2nd Platoon Leader Arthur W. Ridler, assure le commandement en l’absence du Capt. Grant A. Hooper ayant atterri à Saint-Cézaire. Étudiant une carte avec des habitants locaux, Ridler réalise qu’il se trouve à 40 kilomètres de là où il était supposé atterrir.

Le restant des troupes du 3rd Battalion représentant environ 260 hommes, sont largués dans la vallée de la Camiole, située entre Fayence et Callian. Un groupe composé d’une vingtaine de parachutistes rencontre le groupe du 1st Lt. Ludlow J. Gibbons de la How Company qui se retrouve sous son commandement. Le groupe de Gibbons se déplace dans l’après-midi, vers le sud-ouest jusqu’à ce qu’il rencontre l’unité de McGeever au nord de Bagnols.

La G Company fait ensuite mouvement jusqu’à la ville de Callian où le 1st Lt. James T. Steele et un groupe de 13 hommes rejoignent l’unité. Lorsque la compagnie part de Callian et traverse la voie de chemin de fer passant à travers la vallée, les Pvt. Forrest C. Collins et Thomas démolissent des morceaux de la voie et des poteaux téléphoniques.

L’embuscade de l’ambulance

La première embuscade a lieu le matin du 15 août tandis que les parachutistes sont entrain de se regrouper autour de Callian. Les résistants locaux s’imaginent que leur ville est à présent libérée et préparent une embuscade au carrefour principal au sud de la ville. Ils n’attendent pas très longtemps, qu’un convoi allemand arrive. Les résistants leurs tendent l’embuscade et un des leur est blessé.

Dans cette fusillade se trouve des éléments de la G Company. D’autres hommes de la HQ&HQ Company du 3/517 et des éléments de la Service Company sont engagés contre une force composés d’une trentaine de soldats allemands (60 dans une autre version).

Durant l’embuscade, un français apporte un message au 2nd Lt. Mitchell J. Skutnik de la Service Company disant que des soldats américains et des FFI sont engagés dans la vallée au sud-est de Callian à un carrefour. Skutnik et le M/Sgt. Floyd L. Coil (faisant aussi partie de la Service Co.) accompagnent le messager avec une quinzaine de parachutiste et rejoignent la bataille. Deux véhicules sont détruits, cinq soldats allemands sont tués et soixante sont capturés et remis en français, selon le Capt. Richard Bigler, de la HQ Co. du 3/517 (dix tués, neuf blessés et seize capturé dans la version du 1st Lt. Kenneth B. Freund, commandant de la Service Company). Durant la fusillade, le Pvt. Robert R. Gruwell de G/517 est tué par ça propre grenade.

Le carrefour des Quatre Chemins au sud de Callian a été témoin d'une embuscade de la part de plusieurs prachutistes contre une ambulance allemande transportant des soldats allemands armés

Le carrefour des Quatre Chemins au sud de Callian a été témoin d’une embuscade de la part de plusieurs prachutistes contre une ambulance allemande transportant des soldats allemands armés.

Le sort des blessés

Tous les blessés du parachutage sont soignés à l’Institut Religieux Sainte Maxime à Callian. D’autres sont au château Goerg.

Un groupe de neuf paras blessés, traités par « Doc » Plassman, trouve refuge avec quelques blessés allemands dans le presbytère de l’église de Montauroux. Plassman est aidé par un groupe d’infirmière et de sœur venant d’une abbaye. Les morts sont enterrés derrière la chapelle Saint-Barthélémy se trouvant derrière l’église. Les Allemands sont au courant que des parachutistes américains se trouvent à l’église de Montauroux et se chargent d’aller voir. Lorsqu’ils arrivent près de l’église, ils se préparent à tuer tous les occupants se trouvant à l’intérieur. En ouvrant la porte, préparer à tuer tout le monde, ils remarquent que leurs blessés sont aussi pris en charge et changent d’avis. Un de leur officier sera même opéré par Plassmann.

Le Sgt. John W. Chism qui est blessé pendant le saut en étant tombé sur une souche d’arbre, monte une infirmerie dans plusieurs bâtiments fonctionnant dans des conditions similaires à Fayence et dans laquelle meurt un para du 5th Scottish Para Battalion qui avait été grièvement blessé en ayant été transpercé d’une branche d’arbre dans le ventre lors du saut. Deux adolescents de 14 et 15 ans se tiennent à la disposition de Chism. Lui et trois autres medics, Larry Constantine, Austin Post et T/5 Maurice L. White (médic de H/517) s’occupent de 25 hommes dont sept américains et plusieurs autres parachutistes britanniques blessés et des français.

Guerre de guérilla

Le 16 août, après avoir réparti les blessés, Stott et six français se rendent à un pont qu’ils veulent faire sauter. Arrivant au pont, ils voient  un camion arriver en direction du pont et lorsque ce dernier saute, une roche du pont tombe sur le camion, le détruisant complètement et tuant son conducteur. Le lendemain, les Français montrent à Stott et à son groupe un chargement de parachutes, de mitrailleuses, de mortiers et de munitions qu’ils ont récupérés. Bennett et onze résistants français embarquent ensuite dans un camion pour ramasser des prisonniers italiens. Au retour, le camion se renverse, tuant Georges Kireeff, un résistant et blessant le Pvt. Bennett au bras gauche. Pendant ce temps, Stott, Hughes et un Français se rendent à un pont dans les environs. Alors qu’ils le font sauter, Hughes qui a la tâche de mettre à feu les charges, se fait mal au dos en courant et tombe sur le sol. Juste au moment de l’explosion, Hughes arrive à se jeter par-dessus le remblai ; des gros morceaux de pierres le manquent de peu.

À 23h, le Lt. Stott rencontre le Capt. Walter C. Hanna Jr. et du 1/Sgt. Howard Palmer faisant partie de la Team « Spectre » de l’OSS, parachuté dans la nuit du 13 au 14 août, l’informant que des Allemands se trouvent dans les environs. Stott envoie une patrouille qui revient sans signaler d’activité allemande.

De nombreux paras resteront dans la région de Fayence pour mener une guerre de guérilla, jusqu’à ce qu’on vienne les chercher.

Pendant trois jours, le Pfc. Louis Holzworth et ses camarades mènent leur guérilla depuis le château de Goerg près de Callian en détruisant des camions allemands et en tuant leurs occupants avec cinq autres résistants. Lorsque les Allemands réoccupent la ville le 18 août, ce jour la quasi-totalité d’un bataillon allemand arrive sur la route. Un parachutiste se met à leur tirr dessus à la Cal .50, dégageant la route. De nombreux parachutistes blessés lors du saut sont capables de marché et évacuent vers Callian sous les ordres d’Holzworth qui lui reste en arrière garde afin de couvrir la retraite de ses camarades. Tout le monde arrive à évacuer, sauf lui qui continue à tirer sur les Allemands. Puis tout à coup, un obus de mortier explose le projetant derrière le gros mur où ses hommes et lui se cachait, lui faisant un trou dans la cuisse droite, lui touchant une artère. Holzworth se met un tourniquet et lève les bras pour dire qu’il se rend, mais les allemands continuent à lui tirer dessus. Il se rue alors vers le château et frappe à la porte puis perd connaissance.

Lorsqu’il reprend ses esprits il est allongé au sol dans la cave, entouré d’allemand, en train de l’interrogé. Holzworth se fait frapper et y perd quelques dents. Il est gardé pendant quelques jours, nourrit avec de la soupe par les habitants du château. Il est libéré quelques jours plus tard lors de l’arriver des troupes.