Turini et le massif de l’Authion

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Durant la dernière partie de Septembre, comme le climat commence à se détériorer, les deux camps limitent leurs activités à patrouiller et à échanger des tirs d’artillerie. Les positions défensives sont renforcées par des pièges, des champs de mines… Les anciens forts et hameaux sont réoccupés et des patrouilles sont organisées régulièrement afin de maintenir la ligne de front. Des points fortifiés ennemis sont localisés par les patrouilles et des tirs d’artilleries sont effectués sur les positions. Les premières neiges commencent à tomber.

La C Company du 2nd Chemical Bn. rejoint le Combat Team et s’installe dans ses nouvelles positions pour soutenir les éléments se trouvant en première ligne. Jusqu’à la fin Septembre, les activités sont limitées à de l’artillerie, des mortiers et des patrouilles avec une forte activité près de Turini.

Les patrouilles et les duels d’artillerie continuent le long de la ligne de front, au contact de l’ennemi à Turini et des avant-postes le long du Col de Braus et à proximité du Mont Caval et le Mont Neigler près de l’embouchure de la vallée de la Madonna della Finestra. Cette situation plutôt statique continue jusqu’à mi-Octobre.

Au cours de ces patrouilles, des contacts sont établi avec des Mongols originaire de Russie. Ces soldats avaient été capturés par les allemands sur le front de l’est. Parce qu’ils haïssaient la Russie et ses habitants, ils étaient prêts à changer de camp et de porter un uniforme allemand. Beaucoup d’entre eux sont tués ou capturés par les patrouilles. Le 10 octobre les patrouilles du 509th envoyées au col de Turini doivent se replier.

Le 14 octobre, Yarborough reçoit l’ordre de retourner aux USA en service temporaire. Il nomme le Captain Tomasik à la tête du 509th et est promu Major. Le Captain Charles W. ‘Chuck’ Howland devient alors le commandant en second du bataillon. Le combat Team composé des 509th et 551st PIB ainsi que du 550th IAB est scindé en 3 unités.

Le 509th était composé de 705 hommes au début de l’opération Dragoon. Le 17 octobre, Tomasik ne dispose plus que de 521 hommes pour mener une attaque. Le plus gros des opérations on lieu dans la région de Turini où le bataillon se déplace.

Une telle démarche suppose le relais des forces déjà en présence. L’unité la plus proche de Turini est le 3rd Battalion du 517th PIR, occupant les postes à Peïra-Cava, sur la route de Turini. Les rumeurs déclarent que le 517th avait déjà essayer trois fois d’enlever Turini aux mains de l’ennemi, mais n’avait pas réussi à atteindre leurs objectifs. Le 509th tient à partir du 24 octobre les positions avancées de Peïra-Cava au sud de l’Authion et du Col de Turini. Suite au rapport du Lt. Col. Yarborough au Général Frederick, celui-ci décide de ne pas mener d’attaques pour capturer le Col de Turini.

Bien avant l’engagement du bataillon au col de Turini, le 2nd squad du 3rd Platoon de la B Company du S/Sgt. Jim W. Nunn avaient déjà capturer plusieurs soldats ennemis observant les approches de Lantosque.

Cependant le 27 octobre les allemands se replient de Sospel dans les forts de l’Authion. Le 28 Octobre, l’ennemi est observé en train de se déplacer sur une ligne Turini-Moulinet-Sospel. Des grandes explosions sont entendues tout au long de la journée mais les patrouilles n’ont pas de contact avec l’ennemi à Turini mais se heurtent à un avant poste à la jonction au Fort Mille Fourches. Les allemands cèdent sagement la pression croissante qu’ils avaient exercés à cause des progrès du 509th en lui donnant un peu plus de terrain. Le 29, une patrouille de neuf hommes dirigée par le Sgt. James W. Bussey de la C Company quitte Peïra-Cava tôt le matin, traversant Turini sans contestation et continue à Moulinet comme ordonné, sans jamais rencontrer de soldat ennemi. Cette patrouille confirme que le moment était venu pour le 509 de se déplacer vers Turini avec vigueur.

Le 30 octobre Frederick décide de s’emparer du massif de l’Authion afin de disposer d’un observatoire sur la région. La C Company s’installe au col de Turini le même jour et envoie des patrouilles au nord et à l’est. Encore une fois, les parachutistes prennent contact avec l’ennemi à la jonction de la route menant au fort. Les tirs d’arme légère force l’ennemie à se retirer dans ses positions secondaires. Cependant, il y a des mouvements ennemis dans et autour du fort et la zone de la caserne à Mille Fourches. La neige les mines et les cratères d’obus ralentissent la progression jusqu’à Turini. La C Company creuse et consolide ses positions dans le voisinage de Turini. Des mines et des pièges avaient été posés par l’ennemi dans toutes les positions et les bâtiments.

Une compagnie est alors retirée de sa position et est envoyée comme patrouille de combat dans la zone nord et est de la Tête de Scoubayoun. Des tirs d’artillerie interdit la région du Fort et un Tank Destroyer se met à tirer directement dans les casemates. Environ 60 centimètres de neiges recouvre la zone autour de Turini. Le ravitaillement et les munitions sont transportés par mule.

À la fin Octobre et au début du mois de Novembre, quand la A Company va à Peïra-Cava et jusqu’à Turini, les hommes se retrouvent avec de la neige jusqu’à la taille et sans équipement d’hiver. Les patrouilles sont forcés de se déplacer lentement et prudemment. Un expert en mine et en piège accompagne chaque patrouille et au moins cinq types de différentes mines sont signalés. Bien que les patrouilles s’enfoncent souvent dans les lignes ennemis, il n’y a pas beaucoup de victime.

Les patrouilles du 509th établissent le contact avec les avants postes allemands à la jonction des routes menant aux forts de l’Authion, à la cime de Tueis à plus de 1900 mètres d’altitude.

Le 4 novembre la A Company envoie une patrouille forte de 15 hommes vers le fort des Milles Fourches par le sud est afin de tester les défenses en vue de l’attaque. Les allemands laissent les paras s’approcher puis tirent sur eux à bout portant et repoussent la patrouille. Le Pvt. Herbert E. Fisher est tué et neuf autres sont blessés. Les allemands bombardent la zone à l’aide de mortier mais le peloton du 509th peut malgré tout se replier grâce aux tirs d’un M10 du 2nd Platoon du 645th TD Battalion.

Le 5 novembre, la Baker Company envoie une patrouille qui réussit à atteindre le Fort de la Forca mais est repoussée par les allemands après des échanges de tirs durant pendant une à deux heures.
Le 6 novembre la Able Company relève la Charlie Company à Turini. Les paras subissent des tirs d’artilleries violents et sont dans l’impossibilité d’attaquer les forts. Un para est tué. Toute attaque frontale est vouée à un échec malgré les tirs qui ne parviennent pas à affaiblir les forces allemandes retranchées dans le massif de l’Authion.

Le ‘Raid Geronimo’ :  l’attaque du col de Turini

Les américains changent alors de tactique, et l’idée est donnée par le 1st Lt. Harry W. Pritchett Jr. de la HQ Company. Le Major Tomasik approuve cette opération qui reçoit le nom de code “Raid Geronimo”. L’objectif est une baraque en bois utilisées comme dortoirs par une partie de la garnison ennemie. Le plan est de les mettre en feu avec des grenades incendiaires et puis de descendre les occupants en fuite. Le Lt. Pritchett mènerait l’attaque avec 20 hommes, insuffisant pour cette tâche. Sa section avait été constituée avec des hommes venant à la fois des A et B Company. Parce que le reste des A et B Companies ne sont pas disponible, la C Company, maintenue en réserve à Peïra-Cava doit fournir le reste de l’équipe. Le squad du Sgt. Lloyd E. Graber est volontaire. Ce squad la n’est presque pas du tout informé de sa mission dans cette opération.

Le 8 Novembre, les Gingerbread Men son prêts. Ils partent de Turini à 18 heures 15. Les parachutistes sont tendus, c’est une opération dangereuse.
La patrouille nettoie les bunkers allemands et continue jusqu’aux positions désignés. Un des hommes fait involontairement un bruit. Un sodat ennemi à un avant-poste se met à crié « Halte ! » et tire un coup de feu. À ce signal, les Américains ouvrent le feu et lance des grenades sur lui. À ceci, une mitrailleuse allemande ouvre le feu près du Lt. Pritchett où ce dernier répond en envoyant une grenade au phosphore, neutralisant la position allemande. Les allemands croient à une attaque générale et mettent en positions toutes leurs mitrailleuses et mortiers sur toutes les approches du fort.

Les paras réussissent à atteindre le camp des Cabanes Vieilles ou ils y tuent 9 allemands et en blessent 8 autres. La patrouille se replie en bon ordre et la contre attaque allemande est stoppée par un tir d’artillerie 15 minutes après leurs replis. Le 509th n’a à déplorer que 2 blessés légers. Le «Raid Geronimo» est un succès total.
Après ce raid, l’activité ennemie augmente et rend impossible toute opération. Ils se contentent de tirer au mortier sur les positions allemandes jusqu’à leur relève le 17 novembre.

La campagne de 1747 où les français n’avaient pas réussi à s’emparer ni de l’Authion, ni du Col de Braus et furent bloqué à Peïra-Cava se répétait.