Opération Dragoon

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Tout au long de l’automne et l’hiver 1943, le QG de la 7th Army est basé en Sicile et élabore ainsi un assaut amphibie pour une, deux, voir trois divisions sur la côte méditerranéenne française, en utilisant les moyens amphibie après qu’Overlord ait été lancé. Pendant ce temps, la campagne d’italie continue, se transformant en une montée éreintante montagneuse, favorisant lourdement les défenseurs. Ni l’assaut amphibie alliée derrière les lignes allemandes à Anzio en Janvier 1944, ni la capture subséquente de Rome en 1944 promis de mettre fin à ce qui était devenu une guerre douloureusement lente.

Lors de la première entrevue, les débarquements en france doivent être simultané entre Overlord et ‘Anvil’ dans le sud de la france. L’expansion d’Overlord sur le transport de trois à cinq divisions nécessite de nombreux LST supplémentaires. Il devient alors impossible de lancer les deux débarquements en même temps, entrainant le report d’Anvil par Eisenhower.

Enfin, le 14 juillet 1944, l’opération est autorisé par les chefs d’état-major combinés alliés. La 7th Army commandé par le général Alexander Patch dont le quartier général est situé à Naples, continuent de planifié le débarquement de Provence. Les sept semaines avant le Jour J fixe la date du débarquement au mardi 15 août. Rebaptisée opération ‘Dragoon’, les plans sont d’installer une tête de pont entre Cavalaire et Saint-Raphaël, avec une rapide avance jusqu’à la ‘Blue Line’ à environ 25 kilomètres à l’intérieur des terres. La première vague comprend trois divisions d’infanterie du VI Corps du Major General Lucien Truscott : La 3rd Infantry Division du Maj. Gen. John W. O’Daniels; la 36th Infantry Division du Maj. Gen. John E. Dahlquist et la 45th Infantry Division du Maj. Gen. William W. Eagle. Juste derrière les plages de débarquement sera parachuté la 1st Airborne Task Force commandé par le Brig. Gen. Robert T. Frederick en emmenant ses troupes aéroportés dans les environs du Muy. La petite rivière de l’Argens offre un accès facile depuis Saint-Raphaël jusqu’à Draguignan se trouvant à une courte distance au nord-ouest. Une fois en position de corridor, le VI Corps pourrait se dirigé dans la vallée du Rhône.

La préparation

Après s’être emparé de Rome au début de juin 1944, certaines unités continuent le combat au nord, en Toscane, tandis que d’autres unités sont relevés et placé à l’arrière en vue d’une importante invasion dont peu d’hommes se doute jusqu’au commencement des entrainements amphibie.

La 3rd Infantry Division quitte le combat plus tôt et embarque en bateau à Anzio le 24 juin pour arrivé à Naples et pour ensuite se dirigé à Pozzuoli, sa zone d’entraînement. De même que la 45th Infantry qui se retrouve Battipaglia le 21 juin.

Après avoir poursuivi sans relâche les X. et XIV. Armées Allemande bien au-delà de Rome, la 36th Division est relevé de la ligne de front et retourne sur le site de leur toute première invasion, la ville côtière de Paestum.
De leurs zones de bivouac, les trois divisions reçoivent de nouveaux remplaçants et commence un entraînement d’invasion amphibie intense mené par des vétérans expérimentés pour chacune des divisions.

En tenant compte des enseignements tirés des précédentes invasions, de nombreuses semaines d’entraînements d’embarquement et de débarquement depuis les navires d’assaut, la neutralisation de bunkers et de fil barbelés avec des charges explosives, et même des exercices d’assauts sont monnaies courante pour les trois divisions. Ce régime d’entraînement épuisant abouti à un grand exercice d’invasion sur les côtes d’italie le 8 août pour la 36th Infantry Division, baptisée « Operation Cowpuncher II » se déroulant dans la baie de Gaeta.

Le 1st Battalion du 7th Infantry Regiment de la 3rd Infantry Division embarque dans des LST en vue d'un exercice de débarquement sur la côte italienne

Le 1st Battalion du 7th Infantry Regiment de la 3rd Infantry Division embarque dans des LST en vue d’un exercice de débarquement sur la côte italienne

A ce moment là, la plupart des troupes savent que quelque chose se prépare, quelque chose de gigantesque. Il est bien évident qu’une opération d’invasion allait bientôt prendre lieu pour utiliser leurs fameux talents. Des rumeurs disent que ce serait probablement dans le sud de la france. Même ‘Axis Sally’ (connu sous le sobriquet de ‘la pute de Berlin’) avertit les américains sur les ondes, de leur prochain débarquement sur les côtes du sud de la france. Le commandant de l’armée allemande dans la région est bien sûr au courant d’une attaque imminente dans la région, mais il ne peut cerner où et quand cela arriverait, grâce aux efforts du contre-espionnage allié. Finalement, dans les premières semaines d’août, la plupart des troupes de la VII Army sont retirés de la botte italienne pour mené l’opération la moins bien gardé : l’invasion du sud de la france.

La First Special Service Force

Après avoir conquis la Difensa en décembre 1943, combattu à Anzio et après avoir été l première unitée alliée à entré dans Rome le matin du 4 juin 1944, la First Special Service Force est mise au repos pendant presque un mois dans le secteur du lac Albano. Le 4 juillet, l’unité établit un centre d’entraînement à Santa Maria di Castelabate au sud de Salerno.

On insiste sur l’entraînement amphibie, en faisant des débarquements en canoë en caoutchouc en utilisant des destroyer d’assaut et des LCI comme transport naval. L’insatisfaction quant à l’utilisation des LCI pour ce type d’opération les font changer de technique en utilisant des LCP se chargeant de remorqueur les canoes. Des unités de baliseur de plage (Naval Beach Marking Parties) et des unités de contrôle des tirs (Naval Shore Fire Control Parties) sont attachés à la Force durant toute la durée de l’entrainement.

Au début du mois d’août, des plans sont établit pour un exercice combiné par la Force, avec tout son personnel naval rattaché sur les îles d’Isola di Ponza et Zannone, lesquelles se trouvent à 50 miles à l’ouest de Naples dans le golfe de Gaeta. Cet exercice est une répétion de la mission attendant la FSSF, qui devra être conduite de la même manière pour la prochaine mission. Comme c’est le cas, les plans sont coordonnés avec le personnel naval concerné, et tout le personnel de la Force est briefé au détail de leurs responsabilités et de leurs objectifs. Du 7 au 9 août ces exercices s’enchainent et prennent comme nom de code ‘Opération Burno’.

Entrainement de la FSSF sur la côte à Santa Maria di Castelabate

Entrainement de la FSSF sur la côte à Santa Maria di Castelabate

Partant de Santa Maria à 13h le 7 août, la Force, sans son échelon administratif et le personnel du Service Battalion, embarque dans des destroyer d’assaut et des transporteurs de troupes dans les eaux en dehors des côtes des îles. A l’heure H, le 1st Regiment débarque à Zannone, tandis que les 2nd et 3rd Regiments débarquement simultanément à Ponza.

A 6h30 le lendemain matin, les deux îles sont «capturés» et les régiments s’installent au vue d’une fausse contre-attaque. A 13h, la Force et ses unités rattachés reviennent tous à bord de leurs transports et repartent à Santa Maria. Le jour suivant, les officiers et le personnel d’état-major avec la participation des commandants de navire se rassemblent à Santa Maria où les résultats de l’exercice est analysé et commenter. En tout, malgré quelques ajustements mineurs, la procédures pratiqué est adéquate pour l’invasion qui se prépare.

Formation de la First Airborne Task Force

La First Airborne Task Force trouve son origine dans le regroupement de tous les éléments aéroportés disponibles sur le théâtre d’opérations méditerranéen (MTO) en février 1944.

C’est le 8 Juillet 1944 que la Provisional Seventh Army Airborne Division est créé à Lido di Roma, un aérodrome capturé par le 517th PIR. Elle est rebaptisée « First Airborne Task Force » (FABTF) le 15 Juillet. Le 17, divers unités aéroportés sont rassemblées sur divers aérodromes autour et plus ou moins éloigné de Rome, et les entrainements commencent 3 jours plus tard. Le Général de Division, Robert T. Frederick, ancien commandant de la First Special Service Force prend le commandement de la FABTF et a à peine un mois pour préparé cette force à une invasion. Malgré qu’il soit breveté parachutiste ainsi qu’un excellent leader et planificateur, il n’a aucune expérience dans la préparation d’une opération aéroporté à grande échelle. Pour remédier à cela, 36 officiers de la 13th Airborne Division et du Airborne Command sont envoyés des Etats-Unis pour former le HQ de la FABTF. Un groupe de parachutistes de la British Brigade sont rattachés, et bien qu’ils soient organisés et équipés différemment par rapport aux unités américaines, on pense qu’ils ne sont pas d’une grande gêne quand à la conduite de l’opération, malgré qu’elle soit une unité autonome. 9732 Paratroopers et Glider Riders avaient été intégré dans la First Airborne Task Force, connu pour le débarquement sous le nom de code « RUGBY Force ».

Parmis les unités de la FABTF, seul le 509th Parachute Infantry Battalion de Bill Yarborough avait déjà vu le feu de près ayant déjà fait 4 sauts de combat et avait réalisé le premier saut de combat de l’US Airborne le 8 Novembre 1942 lors l’opération Torch.

Bien qu’ayant participé à quelques escarmouches meurtrières au nord de Rome en Juin et Juillet 1944, le 517th PRCT, l’unité la plus important de la Task Force allait réaliser son premier saut de combat.
Rares étaient les unités n’ayant jamais participé à une campagne, seul les unités sœur tel que le 550th Infantry Airborne Battalion et le 551st Parachute Infantry Battalion allaient combattre pour la première fois.
Les unités britanniques de la 2nd Independent Parachute Brigade avaient déjà combattues en Italie y compris dans les montagnes de Monte Cassino.

Avant l’opération, l’entraînement des troupes doit être intensifié, c’est l’Airborne Training Center qui a la charge d’organiser les exercices sur l’aérodrome de Lido di Roma. Les pathfinders répètent les procédures de balisage des DZ/LZ. Les balises radio Eureka, les lampes de balisage Hollophane et panneaux fluorescents seront utilisés.

Les unités du génie

Le 19 juin, la majeur partie des unités du génie sont assignés aux trois principales divisions d’infanterie. Le 36th Engineer Combat Regiment et le 1st Naval Beach Battalion supportera la 3rd Infantry Division. Le 40th Engineer Combat Battalion sera avec le 4th Naval Beach Battalioon et supportera la 45th Infantry Division alors que le 540th Engineer Combt Regiment, inculant le 48th Engineer Combat Battalion et le 8th Naval Beach Battalion supportera la 36th Infantry Division.

Une poignée d’officiers, de sous-officiers et d’hommes du rang du 48th Engineer Combat Battalion sont envoyés à une école de la Navy à Salerne pour un entrainement très spécial.
En effet, le 48th Engineer Battalion avait trouvé un moyen ingénieux pour détruire les obstacles sur Red Beach. Les hommes, rejoins par quelques marins de la Navy sont divisés en 3 Demolition Teams.
Chaque team a pour mission de diriger des petits bateaux télécommandés bourrés d’explosifs sur les défenses de la plage, puis de les faire exploser. Les engineers subissent un entrainement de 2 semaines à l’Underwater Demolition School de Salerne, où on leur apprend à diriger leurs bateaux téléguidés et à déclencher les explosifs qui serviront notamment à neutralisé des mines sous-marine.

L’embarquement

La 36th Division se déplace de Qualiano deux jours après son exercice et embarque dans des véhicules jusqu’au port de Pozzouli pour installer un campement dans la zone de rassemblement. Ces zones de rassemblement où s’y trouve toutes les unités allant opéré durant l’opération Dragoon sont bien contrôles, non seulement pour protéger le secret de leur destination où quand est-ce qu’ils y arriveront (ces deux informations étaient connues de la plupart des hommes présent), mais aussi pour éviter la possibilité très réelle de désertion, un problème qui n’avait pas été inconnu de l’Army Command à cette période de la guerre. Le matin suivant, les unités embarquent dans des LST pour les emmener aux principaux navires de transport se massant au large de Salerno. Rapidement, à 8h le 12 août, la flotte – nom de code Kodak Force – part pour 36 heures de voyage au nord-ouest à travers la mer Tyrrhénienne, se faufilant au nord de la Sardaigne pour jeter l’ancre au large d’Ajaccio. C’est seulement lorsque la division est en route vers la france que les troupes sont briéfés sur leur destination et leurs missions de combat respective.

Début des préparatifs d'embarquement à Bagnoli de la Force Kodak.

Début des préparatifs d’embarquement à Bagnoli de la Force Kodak.

La Task Force Butler

La création de la Task Force Butler remonte au 1er août où le Général Truscott pense au besoin d’une force de combat se déplaçant rapidement. Un problème pour Truscott réside dans le fait que, alors que ses divisions possèdent des bataillons de char indépendant, le calendrier ne prévoit de débarquer qu’une division blindée française, sous le commandement de De Lattre. Ce que Truscott souhaite est une unité blindé motorisé, capable d’exploiter des opportunités ou être à la disposition des autres unités lorsqu’elles en auraient besoin. Doutant de l’obtention d’un transfert de la DB française, Truscott décide de son propre chef de créé un groupe de combat motorisé à partir d’éléments de son VI Corps.

Le 1er août, Truscott organise une réunion avec son état-major pour les informer de sa déçision à organiser une force blindée provisoire commandé par le General Fred W. Butler, le commandant en second du VI Corps. La TFB sera composé du 117th Cavalry Reconnaissance Squadron qui sera le fer de lance de la Task Force, mais transportant aussi Butler et quelques un de son groupe de commandement. Se trouvera également le 2/143rd IR commandé par le Lt. Col. Charles J. Denholm, les B et C Companies du 753rd Tank Battalion, le 59th Armored Field Artillery Battlion, la C Company du 636th Tank Destroyer Battalion, la C Company du 111th Medical Battalion et d’autres unités de soutien. Entre autre, la Task Force dispose de 3000 officiers et hommes de troupes, ainsi que de 1000 véhicules de combat et de soutien.

L’unité devait être prêt à faire mouvement depuis les environs du Muy sur l’ordre du VI Corps à tout moment après le Jour J. L’objectif primaire de la TFB est de poussé vers le nord jusqu’à la vallée de la Durance et Sisteron.