Le 100th Battalion à Monte Cassino

Les précédents combats des Nisei sur le fleuve Volturno avaient eu l’air d’une promenade dans un parc par rapport à leur prochaine campagne. C’est sur la Gustav Line que le 100th Battalion subit son combat le plus intense.

Tandis que le 442nd Regimental Combat Team termine son entrainement à Fort Shelby, le 100th Battalion se bat pour sa survie dans les Apennins. Les hommes passent leur second noël loin de chez eux, en échange des tempêtes de neige. Le bataillon est renforcé par quelques éléments fraichement arrivé des États-Unis, mais le renforcement de quelques soldats ne fait pas faire suivre le taux élevé de pertes du bataillon.

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Des Nisei du 100th Battalion non loin de Monte Cassino. L’obtention de vêtement d’hiver fut d’une grande difficulté, compte tenu de leur petite taille !

Au nouvel an 1944, le 100th se trouve près de Presenzano qui est sous le controle du II Corps. Les jours d’après, le bataillon fait des reconnaissances et se joignent au combat avec la 1st Special Service Force près de Radicosa le 6. Le lendemain, le bataillon est engagé dans l’attaque de Hill 1109 qui est l’une des collines surplombant Cassino. L’objectif est pris rapidement du fait de la piètre résistance ennemi et tient la colline jusqu’au 11 lorsque le bataillon poursuit jusqu’à son dernier obstacle qui est une série de dispositif défensif préparé avec soin, avec de l’artillerie et des mortiers. Finalement, la First Special Service Force effectue une attaque coordonné en envoyant l’un de ses bataillons sur la crête tandis que les Nisei effectuent un impressionnant tir de suppression. Le 13, Hill 1270 tombe, permettant d’avoir une vue sur toute la zone de Cassino, et la ville tombe vers 19 heures 30. Ainsi, dans les 6 premiers jours, le bataillon attend qu’on l’appel pour prendre d’assaut la montagne.

Tadyoshi Hamasaki et un autre homme du 100th Battalion posent dans une rue de Cassino en ruine.

Tadyoshi Hamasaki et un autre homme du 100th Battalion posent dans une rue de Cassino en ruine.

Au sommet du Monte Cassino se trouve un monastère grandiose, mais très vieux, qui se trouve être le « grand prix de la 5th Army ». C’est la clé pour la prise de Rome. Pour prendre la ligne Gustav, les alliés doivent descendre dans la vallée de la rivière Rapido, traversé plus de 3 kilomètres de champ à découvert remplis de mine en ayant de la boue jusqu’aux genoux, traversé une rivière a courant fort, puis traversés encore plus de mine, et encore plus de fer barbelés sur des pentes raides et rocheuses arrivant aux 1500 pieds de Monté Cassino. De là, ils doivent monter encore plus haut, dans la citadelle de 4 étages, avec des murs en pierre de 10 centimètres d’épaisseur. C’est le monastère Saint Bénédictin. La bataille avait commencé en janvier 1944 et une longue lutte pour le 100th allait commencer.

À 23 heures 30, le 24, le 133rd Infantry Regiment de la 34th Infantry Division où est rattaché le 100th Battalion, commence son attaque en direction de Cassino en passant par le Rapido. Après plus d’une heure de barrage d’artillerie, le 100th sous le couvert de la nuit, avec les A et C Companies en avant, atteignent la rive où l’ennemi avait été localisé et se prépare pour le lendemain à traversé la rivière torrentiel sous un feu très intense. La B Company qui avait sécurisé la rive est la veille, subit d’ impressionnant tirs de mitrailleuses et de mortiers lors de la traversée et seul 14 hommes sur 187 sont capable de traversé la rivière sain et sauf. Le Major Clough, commandant du bataillon est blessé durant la traversée et c’est le Major Dewey, du 133th qui reprend le commandement. Le lendemain, Dewey avec son commandant en second le Major Johnson et le Captain Mitzuho Fukuda de la A Company, mènent une reconnaissance et sont pris à partie par une mitrailleuse ennemie et les deux Majors sont blessés. Johnson sera tué un peu plus tard par une mine lorsque les trois hommes essayaient de revenir en arrière. Les trois compagnies sont immédiatement retirées en arrière à San Micheli la nuit suivante. Sans plus aucun leader, le Major James W. Lovell (qui était à l’origine le commandant en second du bataillon et qui avait été blessé près d’Alife en octobre 1943) revient de l’hôpital le 29 et reprend le commandement du bataillon, prévoyant une attaque du côté nord-est afin de prendre la colline 165 connu sous le nom de « Castle Hill ».

Castle Hill (la colline du château), objectif du 100th Battalion dans la bataille de Monte Cassino

Castle Hill (la colline du château), objectif du 100th Battalion dans la bataille de Monte Cassino.

À l’aube du 8 Février, l’artillerie lance des obus fumigène, et à 6 heures 45, le bataillon attaque et avance rapidement en dépit des violents tirs d’artillerie jusqu’à ce qu’il reçoive l’ordre de tenir la colline et de protéger le flanc droit du régiment.  La C Company, commandé par le Captain Richard Mizuta attaque Hill 165 en escaladant les hautes terrasses soutenu par des murs en pierre. Les allemands sont surpris et accourent de leurs abris derrière une ferme au-dessus de la colline où se trouve le château. Tom Nagata reçoit l’ordre de Mizuta d’aller voir l’état d’un char qui avait été mis en déroute par le bazookaman Tatsuo Kanoura. En revenant vers Mizuta et ses messagers, Tom est surpris de voir Lovell revenir au combat avec les hommes de la C Company. En continuant, Nagata voit le char se positionner dans une clairière en face d’eux et se met à couvert derrière un rocher de la taille d’une jeep et tire une grenade antichar qui se place sous le blindé et explose. Le char tire alors à son tour un obus qui explose à mi chemin entre lui et le tank. Il tire une seconde grenade qui explose au même endroit et l’équipage du char tire une fois encore un obus qui explose juste devant son abris. Un servant de bazooka accourt alors et se met également à l’abri derrière un rocher et se met prêt à tirer lorsque le char le repère et tire sur son abris qui provoque au servant une fracture du poignet droit. Un infirmier arrive et lui prodigue les premiers soins.  Tom Nagata revient à l’endroit où se trouve sa compagnie et y rencontre un autre servant de bazooka, Masao Awakuni qui ce dernier se porte volontaire pour tirer sur le char ennemi. Sa première roquette n’explose pas mais la seconde force au char à modifier sa position qui expose son flanc. Puis, un homme de la A Company arrive et donne deux autres roquettes supplémentaire à Awakuni. À ce moment là, Tom voit le Major Lovell prit à partie par une mitrailleuse et une seconde salve vient le blessé au bras droit. C’est à ce moment là que Masao Awakuni détruit son second char. Son premier était à Alife, il sera plus tard décoré de la Distinguished Service Cross et surnommé « The Tank Buster ». Nagata reçoit les premiers soins et est toujours pris à partie par une mitrailleuse où un obus atterrit tout prêt d’elle. Tant les allemands que les Nisei sont victimes de l’artillerie.

Masao Awakuni surnommé 'The Tank Buster' après ses exploits à Alife et Cassino. Cette photo prise par un reporter du LIFE sont les premières faite par le magazine, venu s’intéresser au bataillon après ses exploits à Cassino.

Masao Awakuni surnommé ‘The Tank Buster’ après ses exploits à Alife et Cassino. Cette photo prise par un reporter du LIFE sont les premières faite par le magazine, venu s’intéresser au bataillon après ses exploits sur le Volturno.

Toutes les autres unités sont stoppées par la résistance farouche des allemands. Les deux flancs du bataillon sont exposés et le vent disperse la fumée des fumigènes. Malgré tout, le 100th Battalion tient la colline pendant 4 jours et est ensuite ordonné de se retiré puis placé en réserve. La colline est un lieu incontournable, car elle est prête du monastère,  mais les flancs droit et gauche de la 34th Division cèdent en raison du puissant dispositif de défense allemand.
Ironie du sort, le Major Lovell qui était revenu il y a moins de 10 jours au commandement du bataillon se fait à nouveau blessé lors du premier jour de l’attaque, et c’est le Major Casper Clough qui avait été blessé lors de la traversée du Rapido le 24 janvier qui revient de l’hôpital et reprend le commandement. C’est la dernière fois que Lovell voit son bataillon. Il se souvient « J’avais quatre ou cinq trous… ça a pris du temps pour me sortir de là cette nuit jusqu’à l’hôpital ». La balle dans son dos est passée à 1/8 de sa colonne vertébrale qui aurait pu le paralysé. La balle à la jambe avait écrasé son os. Lovell est renvoyé chez lui le 8 Février 1944 après avoir eu deux Purple Heart, la Silver Star et deux Bronze Star. Clough, lui, est décoré de la Silver Star le 9 Février 1944 pour acte de bravoure.

L’ordre est venu du haut commandement de bombarder l’abbaye afin d’écrasé la résistance. Le bombardement dure 3 jours et quand il est finalement terminé, la seconde attaque commence. Le bombardement ne fait rien. Le 100th Battalion doit revenir…  Une fois de plus… La division lance une autre attaque le 18 Février, envoyant le 100th prendre l’objectif. Quatre jours plus tard, les Nisei, roué de coup, battent en retraite et sont renvoyés à Alife pour se reposer et se réorganiser et sont remplacés par des soldats britanniques et Indiens. Un peloton du 100th avait reçu de très lourde pertes et seulement 5 des 40 soldats avaient survécu. Les correspondants de guerre avait finit par les appelés les « Little men of Iron» (Les petits hommes de fer) et le « Purple Heart Battalion ». C’était la dernière fois que les Nisei du 100th Battalion voyaient les combats de Cassino.

C’était la que les remplaçant du 442rd RCT viennent reconstituer les rangs du 100th. La bataille avait finit pas prendre la vie de 50 000 soldats alliés et prêt de 800 blessés et KIA au 100th Battalion. Le bataillon comptait 1300 hommes avant leur premier combat en septembre 1943, il n’en comptait plus que 512. C’était la dernière campagne en Italie ou le 100th Battalion se battait avec des membres originaires du bataillon, car après la bataille de Cassino, le 100th reçoit des remplaçants détaché du 442nd RCT provenant de Camp Shelby. 287 officiers hommes de troupes rejoignent le 100th Battalion. Remplacement insuffisant compte tenu des pertes subit par le bataillon.

La bataille fut tellement horrible qu’elle fut comparée à la bataille de Verdun de la 1er guerre, et de la bataille de Stalingrad.

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